Northscape 

Thomas Klotz

Préface Sonia Voss

First edition of 500 copies 

26,5 X 28,5 cm

Couverture souple avec rabats

112 pages 

74 photographies

ISBN:  978-2-490740-03-1

38 euros

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Cette façade en brique, ce n’est pas un paysage mais une vue frontale, bouchée, sans horizon donc, ni ligne de fuite, auquel seul un petit coin de ciel blanchi confère une respiration. Un agencement bidimensionnel de formes qui segmentent le cadre choisi par le photographe et auquel se heurte le regard plus qu’il ne l’invite à s’élargir. Le territoire que nous découvrons est, à rebours, celui urbain et périurbain des villes du Nord de la France. C’est aussi un territoire pictural : celui de la photographie de paysage, héritée de la peinture et dont les codes ont été bouleversés par les jeunes Américains – Stephen Shore, Henry Wessel et six de leurs contemporains – révélés par l’historique « New Topographics: Photographs of a Man-Altered Landscape ». Cette exposition qui s’est tenue en 1975 à la George Eastman House à Rochester, NY a fait date et déplacé l’imaginaire lié au paysage, désormais indissociable de la marque imprimée sur lui par l’homme.

Les photographies de Thomas Klotz ont en effet une qualité dramatique, elles sont porteuses d’un potentiel narratif, ténu mais indéniable. Les bâtisses que l’on voit sont des décors : inanimés mais chargés d’une présence latente. Ce n’est de toute évidence pas d’un grand récit dont il s’agit ici ; les prises de vue de Klotz sont plutôt de l’ordre de la micro- saisie, de la capture du lieu commun – le common place mis en valeur et détourné par les photographes américains cités plus haut, qui ont su voir l’étrange dans le quotidien, l’extraordinaire dans le trivial.

Thomas Klotz est originaire du Nord de la France. Il connaît les paysages de sa région natale, les a éprouvés, vus peut-être jusqu’à ne plus les voir, avant de les quitter en s’installant à Paris, puis de les redécouvrir en visiteur, familier mais étonné. Cet équilibre maintient ses photographies loin de toute recherche du pittoresque, comme de tout système. Pour rigoureuse que soit sa série qui égrène les façades dans une sorte de désespoir froid et les entrecoupe de quelques échappées dans la nature et de rares vues intérieures, le parti pris conceptuel ne semble jamais préexister à la prise de vue. 

" Tout fait signe d'un flottement humain encagé dans une sururbanité. On traque les résidus, les détritus, les murs laissés aux hasards des surgissements dadaïstes. Entre formes fanées et ombres hantées on accroche un crucifix oublié devenu partie prenante d'une fortuite compositions aux produits ménagers. L'étrangeté soudaine d'usine, d'une barrière ou d'un magasin grillagé, banales fabrications humaines saisies par l'œil singulier de Thomas Klotz nous force à regarder autrement les vestiges vivaces de la modernité. " - Claire Berest, Photo

Presse

" La couleur vive qui se détache du gris, le cadrage qui raconte autre chose que l'évidence, la poésie inattendue d'une scène banale... On part alors à ses côtés, en balade, transcendant un certain classicisme que peuvent invoquer les codes de la photographie topographique. " Les Inrockuptibles

" Il est vrai que les photographies de Thomas Klotz provoquent l’imaginaire et possèdent une dimension narrative évidente. " Fisheye